Pollution de l’air : le responsable ce n’est pas le diesel, c’est le gouvernement !

AirParif vient de livrer les dernières données des stations de relevage en matière de pollution de l'air en région parisienne. Malgré les mises en garde des scientifiques et la prise de conscience grandissante des habitants de l’Ile-de-France, la situation est toujours aussi alarmante.

Encore une fois, les deux principaux facteurs de pollution sont le dioxyde d'azote (NO²) et les particules fines MP10, particules en suspension dans l’air d’un diamètre inférieur à 10 millièmes de millimètre. Au sein de cette catégorie, les particules les plus fines (PM2,5 d’un diamètre inférieur à 2,5 millièmes de millimètre), qui représentent près de 70% de l’ensemble, sont les plus nocives car elles pénètrent dans nos alvéoles pulmonaires sans pouvoir être arrêtées par nos filtres naturels.

Tous les rapports internationaux et européens, en particulier ceux de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), concluent que l’exposition à ces particules et au dioxyde de carbone provoque de graves maladies cardio-vasculaires et respiratoires et qu’elle est, de manière certaine, à l’origine de cancers des poumons.

Or, les sources de ces pollutions sont bien identifiées : il s’agit d’abord de la combustion des moteurs automobiles, principalement des moteurs diesel, et dans une moindre mesure - pour ce qui concerne les particules fines - du chauffage au bois.

Si l’on veut épargner aux populations les plus exposées, celles qui demeurent à proximité des grands axes de circulation, la diminution de plusieurs mois de leur espérance de vie, il est devenu urgent de limiter sur ces axes la circulation des véhicules diesel.

Cela peut prendre plusieurs formes :

  • soit l’interdiction progressive des véhicules diesel, comme c’est déjà le cas à Tokyo où la concentration des particules PM2,5 a diminué de 55 % en dix ans ;
  • soit l’interdiction immédiate des véhicules diesel les plus anciens, non équipés de filtres à particules ;
  • soit l’incitation financière à ne plus arbitrer en faveur du moteur diesel, qui peut prendre la forme d’un alignement de la fiscalité diesel sur la fiscalité essence, ou de la prise en compte de la nocivité du diesel dans le calcul du bonus/malus ;
  • soit enfin une pratique exemplaire de la commande publique, en matière de véhicules de transport en commun.

Force est de constater que le gouvernement et, dans une moindre mesure, la région disposent des moyens nécessaires et suffisants pour faire baisser la pollution de l’air et protéger la santé des Franciliens. Ce n’est évidemment pas le recours à la circulation alternée, un jour tous les dix ans, qui est susceptible d’améliorer durablement les choses.

Or, malgré de nombreux appels de scientifiques et d’ONG, le gouvernement s’obstine à soutenir par tous les moyens une filière industrielle dont le monde entier se détourne : maintien de la prime à la pompe au carburant cancérigène, bonus de prime d’assurance par rapport au moteur à essence. Quant à la région Ile-de-France, elle continue à acheter des bus à moteur diesel, ayant choisi de tenir la santé et l’espérance de vie des habitants pour une variable d’ajustement budgétaire.

La filière industrielle avant la santé publique, cela évoque pourtant de très mauvais souvenirs.



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